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Collection : Musée National, Poznan, Pologne

Collection Musée de Ville Tychy, Pologne

 

Bogdan Korczowski
KARTONTEKA-CARTONTHEQUE
Hommage à Tadeusz Kantor

Korczowski "Kartony dla K"

 


Collection : Fond d'Art Moderne et Contemporain
Gennevilliers, France

Collection prive



 "Cher Monsieur K" (Hommage à Tadeusz Kantor )

Lettre de Bogdan Korczowski
Texte traduit du polonais par Michel Lisowski.

Paris,samedi, le 8 décembre 1990

Cher Monsieur K.
C'est un samedi quelconque. La nouvelle vient d'arriver aujourd'hui de votre disparition. Juste comme ça. De quel droit, je vous le demande ? J'ai pourtant dans mon bureau une invitation à votre anniversaire le mois prochain. J'ai même commencé à repasser la chemise que je mets à tous vos spectacles. C'est étrange, mais il neige aujourd'hui à Paris, chose exceptionnelle, rappelant Cracovie jusqu'au bout de la mémoire, lorsque, il y a vingt ans, j'ai eu la politesse de vous rencontrer. Depuis ce moment mon sac à dos se remplit sans cesse, grâce à votre vision, celle qu'on appelle l'ART.
Ce chemin a débuté de manière la plus ordinaire, comme une promenade dans Cracovie, dans ce Centre du Monde, où toute sortie en dehors de la Place du Marché - ce Nombril de Tout - était chose particulière et extraordinaire. Car c'est justement là, dans la cave des "Krzysztofory", que vous êtes devenu le Plus Grand des Artistes, une vraie Œuvre d'Art Vivante et Tableau Vivant. Maître, le monde tremble devant vous ! Depuis ce temps j'ai été à plusieurs reprises témoin de la plus grande Gloire et Admiration montrée à votre égard par les plus importants critiques et les admirateurs d'Art. Vous êtes devenu l'idée même de celui qui porte l'Amour au Royaume de la Mort, celui qu'on nomme la Mémoire. On a dit que peu importe que vous soyez vivant ou mort, de toute façon vous appartenez au Passé. Vous voyez ? De votre vivant, vous êtes devenu l'Unique, l'Exceptionnel, l'IRREMPLACABLE. En plus, vous l'exigiez. Comme si tout était suspendu à un fil, à l'endroit où le Temps n'avait pas d'importance, où Hier avait le même poids que Demain. Votre promenade à travers le parc des monuments avec des dates gravées avait ridiculisé la Mort et était devenue l'égale de l'Amour. Grâce à ça, la Vie doit être une Grande Archive, un fichier disposé à l'avance dans l'ordre des dates et des rubriques. La Vie, en tant que "quelque chose" de fermé, sans début et sans fin. Et le seul sens consiste à ordonner cette archive, du début jusqu'à la fin et de la fin au début (d'un bout à l'autre et à l'envers), incessamment, tant que les éléments qui constituent notre vie ne se seront assemblés selon leur sens et leur ressemblance, non pas selon leur chronologie. Dans cette archive l'Unique Issue ou plutôt l'Unique Entrée, était murée par vous. L'existence est devenue un véritable Cimetière des Accessoires, dans lequel l'artifice et le provisoire ont la pérennité de granit et la valeur du diamant. Les Modèles préexistants destinés à être détruits et les espaces vides disposés au hasard sont remplis par des fantômes de l'homme, pardon, de la figure humaine, dont les concavités et les anfractuosités sont déterminées. La seule Action est une Installation du Hasard, qui acquiert la dimension du Plus Grand des Evénements et de l'Accomplissement.

Le premier tableau peint est en même temps le Dernier sur la surface du tambour qui tourne. La vie est vraiment une illusion de la création et une exposition de peinture devient une représentation de la création du Passé. Il faut recommencer chaque jour à partir de Zéro, Naître, se Rencontrer, se Séparer, Oublier, se Souvenir et Mourir. Toutes ces actions nous recouvrent comme du papier d'emballage, couche après couche, tant que nous serons devenus une lettre, un colis, un bagage de son propre MOI. Et si la place manque, nous pouvons toujours nous servir d'une valise, d'une musette, d'un sac à dos comme élément d'accompagnement, POUR TOUJOURS. Pour cela, on a aussi besoin d'un parapluie pour protéger la peau, pardon, le papier, de l'humidité. Nous sentirons alors que notre Corps n'est qu'un Emballage et nos membres des Prothèses. Alors les TABLEAUX deviennent mobiles dans l'espace. Un flux infini de TABLEAUX, ceux peints n'importe comment et ceux achevés avec soin, ceux que personne n'a remarqués et ceux qui constituent l'HISTOIRE. Une farandole de TABLEAUX, de salles d'expositions et de musées qui sont des cimetières ou plutôt des Cimetières qui deviennent Musées. Pendant ce voyage, on n'a pas forcément besoin d'une Chaise, pour que l'Arrêt soit un repos permettant de reprendre le souffle. Pour que le mannequin qui est assis sur cette chaise puisse Reprendre le Souffle il est nécessaire de l'opérer en lui peignant une bouche.

Ainsi, de Station en Station, depuis LA POULE D'EAU, LES MIGNONS ET LES GUENONS, LA CLASSE MORTE, WIELOPOLE, WIELOPOLE, OU SONT LES NEIGES D'ANTAN, QUE CREVENT LES ARTISTES, à travers JE NE REVIENDRAI JAMAIS, jusqu'à C'EST MON ANNIVERSAIRE, cette dernière Station à laquelle vous m'avez aussi invité. Vous êtes mort. Vous n'ETES PLUS. Vous avez claqué cette porte et vous L'avez emportée avec vous. On ne peut pas y frapper, on ne peut même pas songer à vous épier par le trou de la serrure !!! Je vous préviens de manière décidée que je viendrai pourtant à votre anniversaire, je viendrai vous voir souffler les bougies sur votre gâteau, et je viendrai serrer votre main et regarder avec admiration droit dans vos yeux. Je vous en prie, je vous en supplie, accordez Votre attention à mon MOI, blotti dans la coulisse, je vous aime à la folie.

Respectueusement
Bogdan Korczowski

P. S. J'ai écrit cette lettre en décembre 1990 et c'est ma réaction poétique à ce qui s'est passé. Je garde sa forme, tout comme je garde la forme pure dans mes travaux de "Cartonthèque" créés après avoir écrit cette lettre. L'action du peintre, spontanée et abstraite, est difficile à décrire par les mots

Copyright Bogdan Korczowski

Texte traduit du polonais par Michel Lisowski.


Wersja po polsku:
"List do Tadeusza Kantora z 8 grudnia 1990":

Szanowny Panie K. Paryz 8 grudnia 1990

Dzisiaj jest sobota, jakakolwiek. Przyszla wiadomosc, ze Pan odszedl. Ot, tak sobie. Jakim prawem, ja sie pytam? Zaczalem nawet prasowac koszule, która nosze na wszystkie Panskie spektakle. Dziwne, ale dzis w Paryzu pada snieg, rzecz wyjatkowa, przypominajaca do utraty pamieci Kraków, kiedy dwadziescia lat temu mialem zetknac sie z Panem. Od tego momentu mój plecak wypelnia sie nieustannie, dzieki Panskiej wizji, tej co nazywamy SZTUKA.
Ta droga rozpoczela sie zupelnie zwyczajnie, jak przechadzka po Krakowie, po tym Centrum Swiata, gdzie wyjscie poza Rynek, ten Pepek Wszystkiego, bylo czyms szczególnym i wyjatkowym. Przeciez to wlasnie tam, w piwnicy " Krzysztofory" , stal sie Pan Najwiekszym Artysta, istnym zywym Dzielem Sztuki i Zyjacym Obrazem. Mistrzu, swiat drzy przed Panem!
Od tego czasu bylem wielokrotnym swiadkiem i najwiekszej Chwaly i Uwielbienia, skladanego Panu przez najwiekszych krytyków i milosników Sztuki. Stal sie Pan idea nosiciela Milosci w Królestwie Smierci, zwanym Pamiecia. Ktos powiedzial, ze niewazne, czy Pan zyje, czy nie i tak nalezy Pan do Przeszlosci.
Widzi Pan? Za zycia stal sie Pan Jedynym, Wyjatkowym, NIEZASTAPIONYM, w dodatku Pan tego wymagal. Tak, jakby wszystko wisialo na wlosku, w miejscu , gdzie Czas stal sie bez znaczenia, a Wczoraj mialo wage Jutra. Panski spacer po parku pomników z wyrytymi datami, osmieszyl Smierc i postawil znak równosci z Miloscia. Zycie dzieki temu ma byc Wielkim Archiwum, z góry ustalona kartoteka w porzadku dat i rubryk. Zycie jako "cos" zamkniete, nie posiadajace poczatku i konca. Jedynym sensem jest porzadkowanie tego archiwum, tam i z powrotem, w sposób nieustanny, az elementy, tworzace nasze zycie, uloza sie wedlug ich znaczen lub podobienstw, a nie chronologii. W tym archiwum Jedyne Wyjscie, a raczej Jedyne Wejscie, bylo przez Pana zamurowane. Istnienie stalo sie istnym Cmentarzyskiem Rekwizytów, w którym sztucznosc i tymczasowosc maja trwalosc granitu i wartosc diamentu. Z góry przeznaczone na zaglade dotychczasowe Modele i przypadkowe, puste miejsca wypelniaja fantomy czlowieka, o przepraszam, figury ludzkiej o okreslonych zaglebieniach i wkleslosciach. Jedyna Akcja to instalacja Przypadku, dorastajacego do miary Najwazniejszego Wydarzenia i Spelnienia. Pierwszy namalowany obraz jest równoczesnie Ostatnim na powierzchni obracajacego sie bebna. Zycie jest istna iluzja tworzenia, a wystawa malarstwa stala sie przedstawieniem twórczosci Przeszlosci. Trzeba codziennie rozpoczynac od Zera, Rodzic sie, Spotykac, Rozstawac, Zapominac, Pamietac i Umierac. Te wszystkie poczynania pokrywaja nas jak papier pakunkowy, warstwa za warstwa, az stajemy sie listem, przesylka, bagazem wlasnego JA.
Kiedy braknie miejsca, mozemy posluzyc sie walizka, torba, plecakiem jako elementem towarzyszacym NA ZAWSZE. Do tego potrzebny jest nieuchronnie parasol, który ma chronic skóre , o przepraszam, papier przed wilgocia. Wtedy poczujemy, ze Cialo jest Opakowaniem , a nasze konczyny Protezami. Wtedy OBRAZ staje sie przestrzenny i ruchomy. Niekonczacy sie potok OBRAZÓW, namalowanych byle jak i tych starannie wykonczonych, tych, na które nikt nie zwrócil uwagi i tych co tworza HISTORIE. Korowód OBRAZÓW, sal wystawowych i muzeów, które sa cmentarzami, a raczej Cmentarze, które staja sie Muzeami. W tej podrózy koniecznie potrzebne jest krzeslo, aby Przystanek byl odpoczynkiem do zlapania tchu. Aby zlapac dech potrzebna jest operacja domalowania ust manekinowi, który siedzi na tym krzesle.
I tak od Stacji do Stacji: od "KURKI WODNEJ", "NADOBNISIÓW I KOCZKODANÓW", "UMARLEJ KLASY", "WIELOPOLA WIELOPOLA", "GDZIE SIE PODZIALY NIEGDYSIEJSZE SNIEGI", "NIECH SZCZEZNA ARTYSCI", poprzez "NIGDY TU NIE POWRÓCE", az do "DZIS SA MOJE URODZINY", gdzie i na ostatnia Stacje Pan mnie zaprosil. Pan zmarl. PANA NIE MA. Zatrzasnal Pan te drzwi i zabral JE ze soba. Nie mozna w nie zapukac, a o podgladaniu przez dziurke od klucza nie mozna nawet marzyc!!! Zdecydowanie ostrzegam Pana, ze jednak przyjde na Panskie Urodziny, przyjde popatrzec, jak Pan zdmuchuje swieczki na torcie i przyjde tez, aby uscisnac Panska dlon i spojrzec z uwielbieniem w Panskie oczy. Prosze, blagam, niech Pan zwróci uwage na moje JA, wcisniete w kulisy, kocham Pana do szalenstwa."
Z powazaniem
Bogdan Korczowski